Nos hennissements :

Vos marques au galop


Utiliser un prénom comme marque commerciale / Détourner une marque pour prénommer son enfant.


Posté le 16 novembre, par Frédéric Bernier dans Création de marques. Pas de commentaires

• Utiliser un prénom pour verbaliser une marque Cet article récent nous en parle… Quid de la réputation de personnes physiques dont le prénom serait exploité pour vendre des produits douche, des bijoux ou pire, des sextoys ou des serviettes hygiéniques ? Renault n’a pas lâché en 2010 : Carlos Ghosn a conservé le nom Zoé pour la récente voiture électrique Renault bien que les parents de petites Zoé ont tenté de stopper cette appropriation commerciale. On dit que les voitures électriques ne font pas de bruit, pour le coup, ce fut raté. Forcément, avec une estimation de 30 000 Zoé françaises (non pas les voitures, les vrais gens), le projet commercial ne laisse pas indifférent. Imaginez : vous avez une fille de quelques années et votre patronyme est un homonyme de la marque Renault. Le constructeur automobile décide de lancer un nouveau véhicule et le baptiser Margot, Sixtine ou Léa, le prénom de votre fille ! Comment réagir et surtout quel recours avons-nous ? Il s’agit d’une bataille digne du pot de terre contre le pot de fer… Et jusque-là les marques s’en sortent mieux que les individus. En 2005, la célèbre vache violette Milka s’est froissée avec une couturière du même nom ! L’année suivante, Mme Budimir a été contrainte de céder son nom de domaine milka.fr, accusée de « cyber-squattage » par Kraft Foods. Notons qu’ici, il s’agissait bien de parasitisme en quelque sorte. En effet, le droit de la propriété intellectuelle souligne le principe de spécialité qui permet d’attribuer l’usage exclusif d’un nom à son mandataire pour une sélection de produits et services donnés. Pour autant, si je suis un illustre inconnu et lance un commerce de fruits et légumes sous le nom « Pepsi colégumes », on peut considérer que je profite de la notoriété d’une marque mondialement connue au bénéfice de mon business naissant. Pourquoi Mme Budimir n’a-t-elle pas réservé le domaine milka-couture.fr au lieu de milka.fr ? En conséquence, il apparaît délicat d’exploiter un prénom qu’il soit masculin ou féminin, pour se démarquer sur son marché. Au final, n’est-ce pas un aveu de faible créativité ? Comme on dit, la critique est facile, l’art… On notera la création récente de l’ADNP, l’Association pour la Défense de Nos Prénoms. L’objet de l’association est notamment de « mettre tout en oeuvre pour qu’aucune entreprise ne puisse plus désormais appeler l’un de ses produits ou concepts par un prénom, comme le font entre autres des constructeurs automobiles, des fournisseurs d’accès à internet ou des fabricants d’électroménager en orientant leur stratégie marketing sur l’affect qu’évoque les prénoms pour stimuler leur vente ». • Détourner une marque verbale pour prénommer son enfant Si seulement certains parents ne s’amusaient pas, à l’inverse, à utiliser des noms commerciaux pour prénommer leurs nouveaux-nés ! Comment jeter la pierre aux grandes sociétés lorsque certains individus ne trouvent pas mieux que des noms de réseaux sociaux et autres géants du web pour prénommer leur progéniture (histoire vraie) ?! Après quelques mois de débats au parquet de Nantes, puis en cours d’appel de Rennes en l’an 2000, les parents de « Mégane Renaud » ont eu gain de cause et conservèrent le droit de prénommer leur enfant ainsi, malgré les effets préjudiciables soulevés par les juristes : moquerie en cours d’école, association à un produit de consommation populaire. Autre époque, en 1988, deux jumeaux français avaient été déclarés sous les prénoms de Starsky et Hutch. Dans un autre esprit, il existe des jumeaux Shrek et Fiona. Egalement on notera les jumeaux Jonathan et Jennifer, et Castor et Pollux ! Le marketing s’infiltrerait donc jusque dans les draps de code civil, provoquant stupeur et jurisprudence ? Devons-nous nous indigner face à la télé, remercier avec ironie le modèle économique de la pub en primetime ? Ne devons-nous pas plutôt nous interroger sur la responsabilité individuelle des citoyens ? Les deux mon capitaine me direz-vous… Plus récemment, fin 2011, une famille comparaissait devant un tribunal des affaires familiales. En effet, ils voulaient prénommer leur bébé Daemon, en hommage à la fiction américaine « Vampire Diaries ». Mais cela interfère directement avec le code civil car Daemon signifie « démon » en latin et cela pourrait bien en effet porter préjudice à l’enfant puis au jeune adulte à l’avenir. On peut profiter de ce billet pour saluer Yahoo qui vit au Mexique, la petite Facebook égyptienne, le petit suédois Google qui a 6 ans, mais aussi les belges Rolex et Prada. Non, je n’invente rien… • Pour conclure, un peu d’humour… Quelques mauvais conseils pour prénommer votre enfant en cherchant à créer une marque de produit ! Utilisez un mot singulier et ajoutez une voyelle à la fin. Démultipliez les syllabes pour rendre le nom unique mais surtout impossible à mémoriser ou à écrire. Ex : Nabuchodonosor. Déformez le nom d’une ville, d’une capitale. Inspirez vous d’une culture délocalisée, par exemple : un prénom à consonance gauloise pour un enfant chinois ou un prénom indien pour un petit vendéen. J’en passe et des meilleures. • En bonus : petit blind test rapide. Voici des prénoms connus et surtout reconnus comme marques ! Réussirez-vous à associer les produits / services aux prénoms ? C’est parti : Ariel, Nathan, Tomy, Candy, Paul, Colette, César, Nicolas, Marie, Babette, Alice, Félix, André, Lou, Zara, Lola, Morgan… Vins, Aliments pour chat, Boulangerie, Bijoux, Mode textile, Chaussures, Sucre, Jouets, Lessive… Et vous, comment avez-vous baptisé votre fille ou votre fils ? Quel est votre avis sur le sujet ?





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